Quel avenir pour la gestion de fortune Suisse ?

Drapeau_et_cathédrale_de_GenèveEn l’espace d’une dizaine d’années, la Suisse a perdu près de 5% de la gestion de la fortune mondiale. Alors que la place Helvétique gérait un peu plus de 31% de la fortune mondiale en 2003, ce chiffre a chuté pour atteindre 26% en 2013. En l’espace d’une courte année civile, entre 2012 et 2013, pas moins de 18 établissements bancaires ont mis la clé sous la porte pour des raisons principalement liées à la consolidation des actifs ainsi qu’à des problèmes de restructuration obligatoire.

Malgré cette baisse, la Suisse reste aujourd’hui le numéro un mondial de la gestion de fortune. Mais pour combien de temps ?

En quelques années, la capitale Suisse a vu son avance sur ses concurrents fondre comme neige au soleil. Son avantage compétitif qui la rendait si attractive autrefois s’effrite chaque jour un peu plus ; la faute à une réglementation toujours plus stricte.

Afin de garder leur leadership dans le secteur de la gestion de fortune, les banques Suisses veulent aujourd’hui devenir des acteurs majeurs dans le domaine de la gestion institutionnelle (la gestion de fonds de placement). L’objectif est clair : attirer sur Genève des grands gestionnaires de fonds de placement en misant sur des infrastructures solides et sur une fiscalité attractive. La gestion de fonds pourrait alors devenir le second pilier de l’activité bancaire en Suisse, aux côtés de la gestion de fortune.

QUEL AVENIR POUR LE MÉTIER DE GÉRANT INDÉPENDANT ?

Les nombreuses réglementations internationales ont contraint les gérants indépendants à revoir leur copie ainsi que leur positionnement. « S’adapter pour survivre » : tel est l’adage de la gestion de fortune version 2015. Seuls les gérants ayant anticipé le changement à venir et ayant les capacités d’adaptation nécessaires aux évolutions du marché pourront s’en sortir.

Dans une Europe où la tolérance zéro est aujourd’hui de rigueur, les gérants doivent se spécialiser et tenir compte des réglementations imposées par chaque pays afin de s’assurer que leurs actions respectent les principes de compliance imposés.

En parallèle de ces évolutions réglementaires, le client devient quant à lui de plus en plus exigeant que ce soit en termes de services demandés ou de grilles tarifaires. Avec l’essor du digital, les gérants doivent s’appuyer sur ce qui fait leur force : la relation de proximité avec le client et le conseil personnalisé tout en proposant des outils innovants et adaptés à chacun.

LA MONTÉE EN PUISSANCE DES “ROBO ADVISOR”

De nombreuses offres de placement entièrement automatisées sont apparues sur le marché de la gestion de fortune ces dernières années. Souvent proposées par des concurrents indirects qui n’ont que peu d’expérience sur le secteur de la gestion de fortune, ces offres se sont multipliées et ont su se positionner sur un marché impacté de plein fouet par la révolution numérique.

Les FinTech, (contraction des mots « finance » et « technologie ») repensent le modèle de gestion de fortune traditionnel en offrant des services qualitatifs à prix cassés. A l’assaut des banques traditionnelles, ces start-up proposent des services financièrement plus abordables et envisagent d’améliorer et d’investir dans le conseil afin de répondre au mieux aux besoins de leurs nouveaux clients.

Autant dire que la gestion de portefeuille automatisée a le vent en poupe aujourd’hui. Son principe de fonctionnement facilite son expansion massive :il suffit au client final de fournir quelques informations précises sur sa tolérance au risque et sur ses préférences d’investissement pour que son portefeuille devienne géré de manière autonome par un« robot advisor » qui prend alors le pas sur le gérant indépendant. Simple et efficace.

L’ADAPTATION AU MARCHÉ : LA CLÉ DE LA PÉRENNITÉ

Face aux avancées technologiques, aux besoins évolutifs des clients et aux nombreuses réglementations toujours plus contraignantes, le métier de gérant indépendant est clairement menacé. Les marchés évoluant sous l’impulsion de nouveaux acteurs extrêmement flexibles obligent les gérants indépendants à revoir leur stratégie traditionnelle devenue obsolète sur un marché qui n’en finit plus de se transformer.

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