Fintech, ces technologies qui transforment la finance

Comment les Fintech transforment la finance- (2)

Article de Pierre-Alexandre Rousselot paru dans Banking & Finance 2016

banking and finance 2016

La digitalisation touche aujourd’hui tous les secteurs et les services financiers ne font pas exception. La technologie conquiert tous les pans de l’industrie et un segment d’acteurs soutenant cette innovation s’impose : les fintech. Contraction de “finance” et “technologie”, les Fintechs concentrent les entreprises – start ups et entreprises en croissance – qui apportent une innovation au niveau des produits ou des services financiers traditionnels. Loin d’être un simple effet de mode, les Fintech représentent une véritable disruption dans le monde de la finance. Principales activités concernées : la banque et la gestion de fortune. L’article suivant est une contribution de Pierre-Alexandre Rousselot au magazine Banking & Finance 2016.

 

Les Fintech, un tsunami dans l’univers des services financiers

Les Fintechs engendrent une vague de disruption sans précédent qui bouleverse particulièrement la banque et la gestion d’actifs. Ainsi, on estime que le volume d’activités menacées d’ici 2020 est respectivement de 28% et 22% pour ces industries.  La digitalisation de la relation client et la désintermédiation facilitée par les technologies numériques transforment à vitesse grand V la façon de “consommer” des services bancaires et financiers. Réduction des coûts, simplification des process, forte connectivité, les Fintechs (re)donnent le pouvoir aux clients. Une fois l’expérience du digital testée, le retour en arrière est rare. C’est une des forces des Fintechs pour capter un public d’insatisfaits de la banque traditionnelle en premier lieu, suivi des clients tout simplement à la recherche d’une relation plus simple, efficace et fluide. Les banques 100% en ligne (pure players) s’alimentent des attentes exprimées ou non des clients. Aujourd’hui, seuls 17 % des clients se rendent à leur guichet plus d’une fois par mois. Ils étaient 62 % il y a seulement cinq ans.

Le succès des Fintech reposent notamment sur leur adéquation aux besoins non-satisfaites par les services financiers traditionnels, principalement chez les consommateurs issus de la génération Y – les “Millennials” (personnes nées entre 1980 et 2000), une population fortement connectées, exigeantes et volatiles. Si la relation humaine est encore recherchée pour certains services (par exemple les prêts), un canal de communication et d’achats digital n’est aujourd’hui plus une option pour les acteurs du secteur bancaire ni une source de différenciation.

Les Fintechs révolutionnent par ailleurs l’utilisation et l’exploitation d’une ressource jusqu’ici sous-employées par les services financiers traditionnels : les données. Le perfectionnement de l’analyse de données pour mieux identifier et quantifier les risques et l’automatisation de la gestion des actifs est un apport majeur des Fintechs. Ces technologies relatives au traitement et à la modélisation des données permet de créer des scérarios prédictifs d’investissements. Autrefois couteuses et réservées aux plus importantes organisations, ces solutions démocratisent l’accès à l’information, permettant à des acteurs de taille réduite accéder au marché. Ainsi, dans l’industrie de la gestion de fortune, les gérants s’équipent – ou envisagent de s’équiper – de solutions de gestion centralisée capable de traiter les données de manière analytique à tous les stades : gestion de la relation clients, gestion de portefeuilles, de la conformité et intégration des données générées par le client lui-même pour les décisions d’investissement.

Autre disruption qui fait trembler le monde de la finance traditionnel : l’arrivée des robo-advisors. En réduisant à son maximum l’intervention humaine, ce nouveau type de conseillers en gestion de fortune automatisé abaisse le coût de la gestion de patrimoine. Ainsi, cette technologie permet-elle d’offrir ces services à des publics disposant de patrimoine plus limité que le niveau habituellement requis.  

Vers la “Fintegration” de la finance traditionnelle

Alors que les fintechs agitent et ébranlent le monde des services financiers, les banques, les assureurs et les gérants de fortune réalisent progressivement les bénéfices de s’allier à ses nouveaux acteurs. Cette association permet d’offrir des solutions innovantes et une expérience client améliorée à des clients de plus en plus tournés vers le digital. Pour les Fintechs, ce rapprochement leur offre d’une part l’opportunité d’accéder à la large base de clients fidèles des banques avec une relation de confiance installée, et de bénéfcier de leur expérience en matière de gestion des risques et de la conformité. D’autre part, elles s’appuient sur une large gamme de produits financiers et la solidité financière de ces établissements banquiers et des gérants en place. En contrepartie, la majorité des organisations traditionnelles trouvent dans les Fintechs le moyen de disposer d’une agilitité technologique sans précédent dans leur industrie, ainsi qu’une connaissance et une maitrise des technologies et solutions applicatives spécifiques.

Une convergence des deux univers semble aujourd’hui l’issue la plus probable. Reste à voir quel modèle dominant va émerger, entre co-existence plus ou moins pacifique entre Fintechs et services financiers traditionnels, “fintegration” progressive des organisations traditionnelles ou la domination des Fintechs sur le marché.

Infographie : l’impact des Fintech sur la gestion de fortune et la banque

infographie Fintechs

 

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