L’art – objets de collection et gestion d’actifs – l’avis d’experts d’HERCULIS PARTNERS

 

 

Quel est le lien entre Herculis et le marché des œuvres d’art ?

 

Depuis leur situation à Porrentuy dans le Jura suisse  Herculis Partners SA, active dans la gestion de fortune, et sa société sœur, Herculis Guardians SA, active dans l’entreposage de biens précieux et la location de coffres-forts individuels, sont les témoins privilégiés de la compétition de plus en plus acharnée dans le secteur de la gestion de patrimoine pour les clients fortunés et la protection de leurs actifs. 

A l’écoute du marché, les responsables de Herculis ont vu le marché mondial de l’art fluctuer dans le sillage de la crise financière au pic du marché en 2016. « Grâce à nos relations et aux expériences de nos clients, nous avons le privilège d’être confrontés aux derniers développements commerciaux et technologiques, et parfois d’être en avance sur la tendance. Cela est vrai tant pour les innovations technologiques que les services destinés aux personnes fortunées pour répondre à leurs besoins. » selon Claude Gaudin, directeur chez Herculis Guardians SA.

 

Quelle est la situation du marché de l’art aujourd’hui ?

 

Dans une économie mondiale en constante évolution, l’art est désormais plus accessible à un nouveau public, par de nouveaux moyens. C’est dans ce contexte que nous devons considérer l’industrie mondiale de l’art et de la finance – l’intersection cruciale entre la culture et la richesse. L’un des services du groupe Herculis est de répondre à ces nouvelles demandes de nos clients, de les valoriser et de les sécuriser. Pour ce faire, nous avons développé une expertise, rassemblé le personnel adéquat et construit une zone de haute sécurité pour stocker, échanger ou simplement partager ces articles qui peuvent également bénéficier d’une zone franche portuaire -ex TVA-.

 

Quel sont, à votre avis, les principales tendances sous-jacentes dans le marché de l’art ?

 

Comme en finance, la transparence, la réglementation et les tendances technologiques joueront un rôle important à l’avenir dans le domaine de l’art. A cet égard il émerge une approche collaborative entre toutes les parties prenantes (professionnels de l’art, collectionneurs -jeunes et anciens- et gestionnaires de patrimoine) est essentielle si nous voulons répondre aux questions et aux défis urgents auxquels  ces acteurs sont confrontés, notamment en ce qui concerne la confiance croissante dans le marché de l’art aujourd’hui et dans les années à venir.

 

Qu’est-ce qui caractérise le collectionneur d’aujourd’hui selon vous ?

 

Les principales caractéristiques habituellement entendues pour définir les investissements en art peuvent être résumées de la manière suivante : investissement à haut risque, illiquide, opaque, non réglementé, aux coûts de transaction élevés, à la merci des goûts erratiques du public et des tendances éphémères. Les œuvres d’art ne génèrent pas de flux de trésorerie pouvant être actualisés, (sauf dans la mesure où des revenus peuvent être obtenus par le biais de prêts et en engageant des dépenses sous forme de stockage, d’assurance et de coûts associés). Les investissements dans l’art sont également, à l’heure actuelle, pratiquement “non hedgés”.

Cette brève description des investissements dans l’art et des marchés de l’art pourrait suffire à dissuader beaucoup de personnes de s’y intéresser.

Aujourd’hui collectionner des œuvres d’art est un art en soi, un acte qui peut être un défi pour les marchands, les experts et les autres acteurs de l’industrie. Chez Herculis Guardians, nous avons constaté un changement significatif dans les choix des collectionneurs.

Les nouveaux collectionneurs – jeunes et originaires de régions émergentes – ont tendance à utiliser les services d’autres personnes pour les aider dans leurs achats d’art. Les marchands d’art privés et commerciaux, les conseillers en art, les représentants des maisons de vente aux enchères, les banques privées, les institutions financières et d’assurance offrent à leurs clients une expertise approfondie et des réseaux essentiels qui mettent les collectionneurs en contact avec l’art et les artistes avec les collectionneurs. Si la plupart des collectionneurs ont tendance à acheter ce qui leur plaît, d’autres les acquièrent comme une classe d’actifs. Et nombreux sont ceux qui font les deux.

 

Quelle est alors perception de l’évolution du marché de l’art par Herculis ?

 

Malgré la crise des marchés de l’art en 2008, un tel environnement a stimulé l’émergence de nouveaux types d’instruments de placement collectif dédiés à l’art ou d’autres biens de collection dans le monde. Les conseils et les analyses de risque proposés par les services de gestion sont de plus en plus accessibles aux investisseurs qui  souhaitent constituer une collection d’œuvres d’art

Avec l’émergence des produits financiers liés au domaine de l’art, on pourrait se demander si l’art ne  pourrait être prêt pour une transformation similaire à ce qui est arrivé à l’immobilier il y a 40 ans. L’immobilier est aujourd’hui une classe d’investissement largement acceptée, accessible à un grand nombre, et est généralement inclus dans les portefeuilles à des fins de diversification.

En outre, investir dans des artistes jeunes et peu connus  s’apparente beaucoup au financement capital-risque.

 

Pensez-vous que l’élargissement des outils financiers liés à l’art en fait une classe d’actif à part entière ?

 

Bien qu’une relation entre l’art et la finance existe depuis des siècles, aujourd’hui nous constatons un développement des services dédié à l’art parmi les institutions financières et les petites boutiques de gestion comme chez Herculis. Il y a un intérêt croissant du secteur financier pour ce domaine. Du point de vue de l’investissement l’art, évidemment, se prévaut de son attrait pour la diversification, en particulier dans une période de faibles taux d’intérêt – voire négatifs dans notre partie du monde -. L’offre se compose principalement de trois catégories de services liés à l’art :

Les services de conseil en matière d’art, les plus courants dans le secteur financier, tendent à compléter l’éventail traditionnel des services bancaires pour offrir des “services non financiers liés au mode de vie” afin apporter une approche globale de la gestion du patrimoine. 

 En général, les services de conseil en art comprennent :

– Recherche sur l’art : authenticité – analyses historiques de l’art

– informations sur le marché de l’art – études de prix

– Transactions artistiques : achat et vente – représentation d’intérêts

– Gestion des oeuvres d’art : évaluation – assurance – stockage

– transport – conseil et gestion du recouvrement

– Solutions structurées : planification de la succession – art fondations et trusts – philanthropie

– Prêt d’oeuvres d’art : Organiser le prêt de parties d’oeuvres d’art privées ou collections d’entreprises.

 

Le prêt sur oeuvre d’art

Encore peu développé, principalement soutenus par des boutiques spécialisées qui cherchent à faire de l’art un atout de travail, le financement d’art ,« art-secured lending ». 

Herculis Guardians a également obtenu le droit d’émettre des certificats négociables de garantie sur marchandise pour les biens entreposés dans nos chambres fortes (tableaux, or, pierres précieuses, etc.) contre lesquels le client peut obtenir un crédit/prêt ou d’en transférer la propriété des marchandises stockées chez Herculis Guardians.

Le service d’investissement dans l’art

Ce service est toujours dans ses prémices. Elle trouve sa source dans la reconnaissance croissante de l’art en tant que nouvelle classe d’actifs alternatifs et soutient le développement de produits d’investissement dans l’art, le rôle de l’art pour diversifier positivement les portefeuilles d’investissement et l’intégration de l’art dans l’analyse des portefeuilles de patrimoine.

Les principaux services sont les suivants

 

– Prêt à terme : emprunter contre l’art

– Financement des acquisitions

– Lignes de crédit renouvelables

– Financement des stocks des concessionnaires

– Prêts relais, avances et garanties d’adjudication

– Organiser des prêts aux musées et aux expositions

 

La troisième catégorie, les services d’investissement dans l’art, est toujours dans ses prémices. Elle trouve sa source dans la reconnaissance croissante de l’art en tant que nouvelle classe d’actifs alternatifs et soutient le développement de produits d’investissement dans l’art, le rôle de l’art pour diversifier positivement les portefeuilles d’investissement et l’intégration de l’art dans l’analyse des portefeuilles de patrimoine. Aucune grande banque n’est entrée avec succès dans cet espace jusqu’à présent. Les initiatives sont proviennent principalement du monde universitaire et de particuliers ou des groupes d’individus qui combinent une forte expertise dans le domaine de l’art et des finances. 

 

Les principaux services d’investissement dans l’art sont les suivants

 

– Recherche sur l’investissement dans l’art

– Gestion de portefeuille

– Suivi et sélection des fonds artistiques

– Structuration de fonds d’investissement en art, fonds de fonds d’art et clubs d’investissement dans l’art

– Titrisation des oeuvres d’art

Nombreux sont les facteurs qui penchent vers un marché de l’art plus structuré, donc avec un intérêt en tant que véhicule d’investissement.

Pourtant vous nous avez parlé d’opacité et d’illiquidité qui faisait encore planer des suspicions dans ce domaine, peut-on entrevoir une amélioration ?

 

Oui, il y a plusieurs tendances qui renforcent la transparence à commencer par les exigences de plus en plus rigoureuses des autorités et la diffusions des données. Ainsi en marge de la foire Art Genève le collectif « Responsible Art market – RAM » qui réunit depuis quatre ans avocats, experts, galeristes et maisons d’enchères est à l’origine d’une série de recommandation visant à attirer l’attention des collectionneurs et galeristes sur les menaces juridiques auxquelles ils font face, alors que toutes les pièces vendues plus de 10’000 euros sont dans le collimateur de la nouvelle directive anti-blanchiment entrée en vigueur début janvier en Europe. Finie l’époque où un client pouvait craquer à la FIAC parisienne pour une toile, la payer et partir avec.

En France les galeries doivent prouver qu’elles ont vérifié les risques lié à la provenance d l’œuvre ou contrôlé l’identité réelle de l’acheteur. En Suisse aussi la législation évolue, même si avec son plafond à CHF 100’000 pour le paiement cash, la Suisse semble encore un havre pour marchands d’art. S’il semble  qu’aujourd’hui aucun marchand d’art sérieux n’accepterait CHF 90’000 cash, des galeries helvétiques résistent n’étant pas encore soumises aux mêmes procédures que leurs homologues parisiennes ou londoniennes.

 

L’innovation technologique est avancée comme facteur de transformation, de gains de productivité et d’accessibilité dans de nombreux secteurs. Quand est-il dans le domaine de l’art ?

 

Dans une certaine mesure la technologie, que ce soit par l’internet ou plus récemment par le blockchain, contribue désormais à atténuer ces questions de transparence, de traçabilité et d’accessibilité. L’évolution technologique supporte aussi fortement l’art en tant que classe d’actif, tout en la rendant aussi plus accessible. On assiste à une démocratisation de ce domaine. Ainsi en 2018 un certain nombre d’artistes vivants dont les œuvres ont été vendues aux enchères pour plus de $ 10 millions, 68 % des lots vendus l’ont été à des prix inférieurs à $ 5 000. 

Le blockchain est ouvert et décentralisé, ce qui signifie que tous les membres du réseau peuvent voir l’œuvre et entrer directement en contact avec le vendeur, réduisant ainsi le besoin d’intermédiaires. Avec le blockchain, les artistes n’ont pas besoin des galeries pour présenter leur travail et attirer les acheteurs.

C’est aussi l’émergence de nouveaux modèle d’affaires comme les enchères en ligne, les données en lignes, les artistes créant sur le digital et le blockchain, les possibilités semblent infinies.

Cette technologie a vu son utilisation renforcée dans la crise sanitaire actuelle et l’annulation en cascade de foires et autres grandes événements d’art. Comme les musées, les acteurs se sont tournés vers les expositions et échanges en ligne. Certainement que c’est une tendance fond qui sans doute perdurera à l’instar du télétravail ou des visio-conférences.

 

Mais alors comme la photographie stockée dans le cloud, il ne sera plus nécessaire d’entreposer ses peintures dans des lieux super sécurisés ?

 

(sourire) Pour tout collectionneur ou amateur d’art, le plaisir de possession est aussi grand que de pouvoir de contemplation.

Que vous veniez juste d’acheter votre première peinture ou que vous ayez déjà consacré une vie à amasser une collection, rien ne peut vous préparer à la perte ou aux dégâts d’un tableau. Si une assurance adéquate peut vous assurer que vous serez financièrement compensé, mais cela ne pourra pas effacer le sentiment de peine, le propriétaire développant souvent avec son bien une connexion passionnée. 

Chez Herculis, avec des chambres fortes aménagées spécialement nous proposons une solution d’entreposage  sûr dans un environnement de haute sécurité tout en facilitant la vie du collectionneur en lui apportant les éléments dont il doit bénéficier pour jouir pleinement de ses objets précieux.

C’est aussi pourquoi en plus de mettre en relation experts, marchands et collectionneurs, chez Herculis Guardians nous proposons un espace de rencontre sécurisé-showroom- adapté que les opérations d’expertise, commerciales puissent prendre place sans faire voyager les peintures – la plupart des accidents arrivant durant le transport- et évitant aussi les frais annexes.

Nous proposons aussi une salle d’exposition dédiée, dans le périmètre hautement sécurisé, à la disposition de nos clients afin d’épargner à l’art le risque de voyager tout en assurant la confidentialité des acteurs. L’installation est accueillante et  confortable pour organiser des ventes ou simplement contempler ses trésors en toute sécurité.

 

Vous mentionnez les entrepôts hautement sécurisés, cela évoque immédiatement le mystère et le doute sur les entrepôts de Ports Francs. Quelle est la réalité ?

 

Oui-oui ! Suite à une série de scandales, le gouvernement suisse a renforcé les contrôles anti-blanchiment d’argent. L’Administration fédérale des douanes (AFD), exige une identification systématique des marchandises, ainsi qu’une authentification stricte des objets déposés dans ces entrepôts et un contrôle de l’identité des propriétaires des objets. C’est le cas pour Herculis Guardians qui propose un espace EDO-FREEPORT – un entrepôt douanier ouvert – dans sa zone de chambres fortes hautement sécurisée à Porrentruy. 

Citation  “Afin d’assurer la traçabilité, nous sommes soumis à une surveillance et à un contrôle réguliers de l’Administration fédérale des douanes. Nous proposons également à nos clients internationaux des activités d’achat et de vente de métaux précieux (sur demande). Ces investissements alternatifs sont très demandés tant au niveau national qu’international”, ajoute Jean-Paul Periat, Directeur Général.

Les zones de port franc permettent simplement de reporter le moment où les taxes sont payées, dans l’attente que les marchandises soient délivrée à des clients finaux dans le monde entier, dans l’intervalle elles sont gardées en sécurité. Les clients bénéficient de primes d’assurance moins élevées un espace de stockage hors taxe et d’un accès facile à l’aéroport le plus proche.

 

Alors quelle évolution pour le marché de l’art pour cette nouvelle décennie ?

 

La plus grande nouvelle du marché de l’art en 2019 n’est pas venue de la vente d’une œuvre, mais de la prolifération des accès à l’art. Les méthodes traditionnelles d’achat et de vente se sont considérablement fragmentées, avec des options allant d’Instagram à des conseillers en art haut de gamme. Il y a plus de choix – plus de foires d’art, plus de ventes aux enchères en ligne – alors que dans le même temps, les acheteurs sont de plus en plus difficiles. Pour beaucoup de galeristes  le projet est de se concentrer davantage sur les foires plus proches de chez eux car la plupart des galeristes continuent de réévaluer les efforts et les dépenses liés à des événements plus éloignés. La dernière foire Art Basel Miami Beach était moins dynamique que d’habitude. Les premiers signes peut-être qu’une inquiétude sur l’évolution économique pèse sur le marché ?

Cette tendance d’un « penser global – consommer local » correspond aussi à l’air du temps : la préservation de la planète !  Les organisateurs de foires d’art savent qu’il leur incombe de rendre les événements qu’ils organisent durables – ou du moins aussi durables que possible. Produire et accueillir une foire d’art, c’est comme construire une petite ville qui n’existe que pendant cinq jours. Améliorer leur efficacité et  réduire leur empreinte, semblent convenir aux les collectionneurs. Une récente enquête de l’UBS auprès de riches collectionneurs américains a révélé que 86 % des 368 acheteurs d’art consultés étaient prêts à payer plus pour posséder des œuvres d’art avec des méthodes plus durables.

Enfin l’épidémie de coronavirus bien sûr hypothèque quelque peu le marché, en particulier en Asie, région qui a  certainement été clé pour la croissance de la demande pour l’art.

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous pour terminer à un potentiel acheteur d’œuvre d’art ?

  • À ce stade du cycle, la sélectivité est primordiale, en évitant notamment les fonds.
  • Et peut-être le plus important : suivez votre instinct, achetez des œuvres d’art qui vous parlent, au-delà des considérations purement spéculatives, elles pourraient rester en  votre possession plus longtemps que vous ne le pensez…

 

A propos d’Herculis Guardians

Herculis Group, créé en 2009, se compose de 3 sociétés avec Herculis Guardians à Porrentruy (canton du Jura), Herculis Trustees à Zürich, Herculis Partners et sa succursale à Genève. Le Groupe Herculis offre un service haut gamme pour ses clients favorisant confidentialité dans un environnement discret.

Herculis Partners est une société multifamily office qui propose une gestion d’actifs et qui observe les valeurs d’éthique, de transparence dans ses propositions de performance. La société offre à sa clientèle fortunée un accès aisé à des véhicules d’investissement spécialisés, y compris les fonds spéculatifs, le private equity, les situations spéciales dans ses domaines dédiés comme l’immobilier. 

Herculis Guardians SA vise à protéger et à valoriser  objets précieux de ses clients en proposant des coffres-forts en location ainsi que des chambres fortes pour les arts (peinture), le vin et les pierres précieuses, dont une partie sous le statut de Freeport. Dernièrement Herculis Partners a lancé la possibilité de traiter des crypto monnaies dans ses locaux.

Recent Posts